
Non, aucune loi n'oblige l'employeur à verser une prime à un salarié sauveteur secouriste du travail. Le Code du travail n'en parle pas. Une prime SST n'existe que si votre convention collective, un accord d'entreprise ou une décision de votre employeur la prévoit. En revanche, votre formation se fait sur le temps de travail, avec votre salaire maintenu, et c'est l'entreprise qui la paie.
Prime SST : ce que dit la loi, et ce qu'elle ne dit pas
Le Code du travail oblige l'employeur à organiser les premiers secours et à former des salariés au secourisme dans certains cas (articles R4224-15 et R4224-16). Il ne dit rien sur une rémunération de cette mission. Être SST ne crée pas de statut à part : votre contrat, votre poste et votre salaire restent les mêmes.
Où chercher une éventuelle prime
Trois textes peuvent en prévoir une, et c'est à vous de vérifier :
- votre convention collective : trouvez-la sur votre fiche de paie (le numéro IDCC), puis cherchez « secouriste » dans son texte. L'outil du Code du travail numérique [https://code.travail.gouv.fr] permet de faire les deux ;
- un accord d'entreprise ou d'établissement, publié sur Légifrance (le CSE doit en avoir un exemplaire) ;
- une note interne ou votre contrat de travail, si votre employeur a décidé d'une prime de fonction.
Attention au certificat expiré
Salaire du SST : pas de grille, une mission en plus du poste
« Quel est le salaire d'un agent SST ? » revient souvent dans les recherches. La question part d'un malentendu : SST désigne une mission qu'un salarié exerce en plus de son poste, qu'il soit cariste ou comptable. Il n'y a donc pas de salaire de SST, seulement le salaire de son emploi, éventuellement complété par une prime.
Ce que la mission change pour vous, concrètement :
- la formation (14 heures) et le recyclage (7 heures tous les 24 mois) se font sur votre temps de travail, avec votre salaire maintenu. L'article L6321-2 du Code du travail le prévoit pour les formations qui conditionnent l'exercice d'une fonction en application de textes réglementaires ;
- l'entreprise paie la formation, souvent avec l'aide de son OPCO. Vous n'avancez rien ;
- vous gagnez un certificat national, qui vaut PSC1 tant qu'il est à jour (voir notre comparatif PSC1 ou SST). C'est une ligne de plus sur un CV, et un point d'appui si vous visez un poste de référent sécurité.
Une augmentation liée au SST ? Possible, mais rien ne l'impose. Si une page vous promet que le SST fait monter votre salaire, demandez-lui sa source.
Les rôles du salarié SST
Le sauveteur secouriste du travail a deux missions, que l'INRS décrit ainsi : intervenir tout de suite en cas d'accident ou de malaise, et contribuer à la prévention des risques professionnels de l'entreprise.
Intervenir : les quatre actions du SST
Face à un accident du travail ou à un malaise, le SST suit toujours le même ordre :
- Protéger : supprimer ou isoler le danger pour éviter un second accident, sans s'exposer lui-même ;
- Examiner la victime : saignement abondant, étouffement, conscience, respiration ;
- Alerter ou faire alerter les secours : le 15 (SAMU), le 18 (sapeurs-pompiers) ou le 112, ou les secours internes de l'entreprise ;
- Secourir : faire le geste adapté (compression d'une hémorragie, position latérale de sécurité, massage cardiaque avec défibrillateur…) jusqu'à l'arrivée des secours.
Le SST ne remplace pas un soignant. L'article R4224-15 le dit en toutes lettres : les salariés formés au secourisme « ne peuvent remplacer les infirmiers ». Son rôle s'arrête quand les secours spécialisés prennent le relais.
Prévenir : repérer et signaler
Le second rôle est moins connu. Le SST repère les situations dangereuses de son poste : une allée encombrée, une machine sans carter, un produit chimique mal stocké. Il les signale à sa hiérarchie, à la personne chargée de la prévention ou au CSE. Il peut aussi apporter son concours à la mise à jour du document unique d'évaluation des risques professionnels (DUERP).
Il ne sanctionne personne et ne forme pas ses collègues : former des secouristes est réservé aux formateurs certifiés par le réseau INRS.
Ce que risque (ou ne risque pas) un SST qui intervient
« Et si je fais une erreur ? » La question de la responsabilité fait parfois hésiter les volontaires. Le droit est plutôt rassurant.
- Vous avez une obligation de moyens : on vous demande d'appliquer ce que vous avez appris, pas de sauver la victime à coup sûr.
- L'état de nécessité vous protège (article 122-7 du Code pénal) : n'est pas pénalement responsable la personne qui accomplit un acte nécessaire à la sauvegarde d'une personne face à un danger, sauf si les moyens employés sont disproportionnés.
- Ce qui est sanctionné, c'est de ne rien faire : l'article 223-6 du Code pénal punit la non-assistance à personne en danger. Cette obligation vaut pour tout le monde, SST ou non, et même avec un certificat expiré.
- Côté civil, l'employeur répond en principe des actes de ses salariés accomplis dans le cadre de leurs fonctions (article 1242 du Code civil).
Notre avis de formateur : le risque juridique d'un SST qui fait les gestes appris est faible. Celui de rester les bras croisés ne l'est pas.
Les avantages d'être SST, pour vous
On ne va pas vous vendre une révolution de carrière. Le premier avantage, c'est de savoir quoi faire le jour où quelqu'un s'effondre, au travail comme à la maison : les gestes appris ne s'arrêtent pas à la porte de l'entreprise. Vous apprenez aussi, gratuitement et sur votre temps de travail, une compétence que beaucoup paient de leur poche. Dans l'équipe, votre rôle est reconnu, et vous avez un accès direct à ceux qui décident de la prévention : la hiérarchie, le CSE, la médecine du travail. Enfin, le certificat vaut PSC1 tant qu'il est à jour, ce qui peut servir pour certains concours.
Côté entreprise, les obligations, le nombre de SST à prévoir et les sanctions sont détaillés sur notre page réglementation de la formation SST.
Devenir SST : comment ça se passe
Le Code du travail ne dit pas si un salarié peut refuser d'être SST. En pratique, les entreprises désignent des volontaires, et c'est ce que nous conseillons : un secouriste qui n'a pas choisi le rôle est souvent un secouriste qu'on ne retrouve pas le jour de l'accident.
Ensuite :
- Formation initiale : 14 heures en présentiel, dans un organisme de formation habilité par le réseau INRS / Assurance Maladie. Pas de version e-learning : on apprend un massage cardiaque sur un mannequin, pas derrière un écran.
- Certification : pas d'examen écrit, mais des mises en situation d'accident. Le certificat SST vaut 24 mois.
- Recyclage : un MAC de 7 heures avant l'échéance, puis tous les 24 mois.
- Risques spécifiques : si votre poste expose à un risque particulier (produits chimiques, par exemple), le médecin du travail définit la conduite à tenir complémentaire, ajoutée à votre formation.
Chez CNFSE, la formation initiale coûte 240 € HT par stagiaire en inter-entreprises (Paris ou Lyon), ou 1 290 € HT pour un groupe de 10 dans vos locaux. Nous montons le dossier OPCO de l'entreprise.
Employeur, vous devez former des SST ? Sessions mensuelles à Paris et Lyon, ou formation dans vos locaux. Demander un devis : réponse sous 24 h ouvrées.
Questions fréquentes sur cet article
Une prime SST est-elle obligatoire ?
Non. Aucun article du Code du travail n'impose de prime pour un salarié SST. Elle n'est due que si votre convention collective, un accord d'entreprise ou votre contrat le prévoit.
Quel est le salaire d'un agent SST ?
Il n'y en a pas : SST est une mission ajoutée à un poste. Le salarié garde son salaire habituel, parfois complété d'une prime si un texte la prévoit. Si vous pensez au métier d'agent de sécurité, c'est une autre profession, avec sa propre convention collective (prévention et sécurité).
Qu'est-ce que la prime de sécurité ?
Le terme n'a pas de définition légale. Selon les entreprises, il désigne une prime liée à une mission de sécurité (dont le rôle de SST) ou une prime liée aux résultats en matière d'accidents. Seul le texte qui la crée (accord, convention, contrat) en fixe les conditions.
Quelles sont les 4 actions du SST ?
Protéger, examiner, alerter, secourir. C'est l'ordre à suivre face à tout accident ou malaise au travail.
Mon employeur peut-il m'obliger à devenir SST ?
Aucun texte ne règle expressément la question. La plupart des entreprises passent par le volontariat, et c'est la pratique que nous recommandons. En cas de désaccord, parlez-en au CSE.
Un SST peut-il être poursuivi s'il se trompe ?
Le risque est faible s'il applique les gestes appris. L'état de nécessité (article 122-7 du Code pénal) protège celui qui agit pour sauver une personne. C'est l'absence d'intervention qui est sanctionnée (article 223-6).
Prêt à former vos salariés ?
Initiale en 2 jours, MAC (recyclage) en 1 jour. Le certificat INRS tient 24 mois. Sessions inter à Paris et Lyon, ou intra chez vous partout en France. Habilités Qualiopi, prise en charge OPCO 100 %.