La formation SST se tient en 14 heures, sur 2 journées consécutives, réparties en 5 modules définis par l’INRS. Le jour 1 couvre la protection, l’alerte et les gestes face aux saignements abondants. Le jour 2 passe à la réanimation cardiopulmonaire (RCP), au défibrillateur (DAE), aux malaises et brûlures, puis à la prévention des risques professionnels. Le format alterne entre séquences théoriques courtes et pratique longue, avec une validation finale des gestes par le formateur.
Comment une session est organisée ?
Un organisme de formation habilité SST monte chaque session selon 3 règles fixées par le référentiel INRS :
- Groupe de 4 à 10 salariés. En dessous de 4, la session ne peut pas se tenir. Au-dessus de 10, le formateur ne peut plus corriger chaque stagiaire individuellement.
- Un seul formateur SST habilité (FFSST) par groupe. Deux groupes = deux formateurs.
- Un espace dégagé d’au moins 20 m² pour les exercices au sol : massage cardiaque, dégagement d’urgence, gestes sur mannequin.
Tout se fait en présentiel. Soit le formateur vient dans vos locaux (intra-entreprise), soit les salariés se déplacent dans un centre de formation (inter-entreprises). Le matériel est fourni par l’organisme : mannequins adulte et nourrisson, DAE pédagogique, garrots tourniquets, pansements compressifs.
Gestes de premiers secours formation SST
Jour 1 — 7 heures : de la protection de la victime aux gestes hémorragiques
Module 1 (1h) — Le rôle du SST dans l’entreprise
La formation initiale commence par poser le cadre : un SST est un salarié volontaire, certifié, reconnu par le Code du travail comme relais de prévention. Ce n’est pas un professionnel de santé. Le formateur présente les 3 obligations du SST face à un accident du travail, toujours dans le même ordre : protéger, alerter, secourir.
Les signes vitaux sont introduits dès ce module : conscience, respiration, pouls carotidien. Les stagiaires s’entraînent à les évaluer en moins de 30 secondes sur une victime au sol.
Module 2 (2h) — Recherche des risques et dégagement d’urgence
Avant de toucher une victime, le rôle du secouriste consiste à identifier ce qui reste dangereux sur la scène : risque électrique, écrasement, produits chimiques, incendie. Ce module est le seul qui porte exclusivement sur l’analyse de la situation avant l’intervention.
Le dégagement d’urgence est la seule technique de déplacement d’une victime enseignée en SST. Elle ne s’applique que si un danger immédiat et incontrôlable menace la victime. Deux techniques sont pratiquées sur mannequin : traction par les poignets et traction sous les aisselles.
Un point sur lequel le formateur revient systématiquement : la différence entre dégagement d’urgence (danger immédiat) et déplacement de confort (interdit tant qu’un bilan n’a pas été fait). Faire la distinction entre les deux est indispensable, car les confondre constitue la cause la plus fréquente de blessures secondaires après un accident du travail.
Module 3 (1h30) — Alerter les secours
Les stagiaires apprennent à passer un appel structuré aux secours extérieurs (15, 18, 112, 114 pour les personnes sourdes) et aux secours internes de l’entreprise. L’alerte comprend 5 informations à transmettre : nature de l’accident, localisation précise, nombre de victimes, état apparent de la victime, numéro de rappel.
C’est aussi le moment où la chaîne de survie est expliquée : alerte précoce, RCP précoce, défibrillation précoce, soins médicaux avancés. Le SST couvre les 3 premiers maillons. Tout se joue sur la rapidité d’intervention.
Module 4, partie 1 (2h30) — Saignement abondant, garrot et pansement compressif
L’après-midi du jour 1 est consacré à la première urgence vitale : le saignement abondant. Trois techniques d’hémostase sont enseignées, dans cet ordre de priorité :
- Compression directe manuelle, toujours en premier
- Pansement compressif, pour relayer la compression et libérer les mains du secouriste
- Garrot tourniquet, réservé aux membres (bras, avant-bras, cuisse, jambe) quand la compression ne suffit pas
Les plaies graves (thorax, abdomen, cou) sont traitées à part : ne jamais extraire un corps étranger, couvrir la plaie stérilement, appeler le SAMU immédiatement.
Chaque stagiaire pose un garrot tourniquet sur mannequin, chronomètre en main. L’objectif : moins de 60 secondes.
Jour 2 — 7 heures : réanimation, défibrillateur et prévention
RCP et défibrillateur (DAE) — 2h30
C’est la séquence la plus physique de la formation. Le protocole de réanimation cardiopulmonaire se décompose en 4 temps :
- Vérifier conscience et respiration (10 secondes max)
- Alerter les secours et mettre le DAE en route
- 30 compressions thoraciques, rythme de 100 à 120 par minute, profondeur de 5 à 6 cm
- 2 insufflations (bouche-à-bouche ou insufflateur de poche), puis reprendre les compressions
Le DAE est enseigné en parallèle : mise en marche, pose des électrodes, analyse du rythme cardiaque, choc si indiqué. Les stagiaires s’entraînent sur un DAE pédagogique avec retour vocal. Le DAE est conçu pour être utilisé sans formation médicale. Après 20 minutes de pratique, tout le monde sait s’en servir correctement.
Chaque stagiaire réalise au minimum 3 cycles complets RCP + DAE sur mannequin, sous correction du formateur.
Malaise, brûlures, inconscience et traumatismes — 2h
Cette séquence couvre les 4 situations d’urgence les plus courantes en entreprise après l’arrêt cardiaque et le saignement :
Le malaise : évaluation des signes vitaux (conscience, respiration, coloration, sueurs), positionnement adapté (allongé ou demi-assis selon le cas), appel du SAMU avec bilan.
Les brûlures, qu’elles soient thermiques, chimiques ou électriques. Trois règles à retenir : refroidir à l’eau froide courante pendant 10 minutes minimum, ne jamais percer les cloques, ne jamais appliquer de corps gras. La surface brûlée est évaluée avec la règle des 9 de Wallace pour orienter l’alerte.
La victime inconsciente qui respire : maintenir la victime en position de PLS (Position Latérale de Sécurité) pour dégager les voies aériennes, surveillance de la respiration toutes les 60 secondes jusqu’à l’arrivée des secours.
Les traumatismes (entorses, fractures, rachis) : immobiliser, ne pas déplacer, alerter.
Module 5 (2h30) — Prévention des risques professionnels
Le dernier module porte sur la prévention. Son contenu est adapté au secteur d’activité de l’entreprise : les cas pratiques d’une session BTP n’ont rien à voir avec ceux d’une session tertiaire ou santé.
Quatre axes sont abordés, tous applicables dès le retour en poste :
- Repérer les situations dangereuses : lecture du document unique, identification des risques mécaniques, chimiques, ergonomiques et psychosociaux
- Signaler à l’employeur de façon structurée : formulaire de signalement, remontée au CSE et au responsable HSE
- Prévenir les troubles musculo-squelettiques : gestes et postures pour les manutentions manuelles, repérage des facteurs de risque ergonomiques
- Contribuer à la mise à jour du document unique : participation aux exercices d’évacuation, audits de terrain, plans de prévention annuels
Le module se termine sur l’entretien des compétences entre deux sessions MAC afin de ne pas perdre les réflexes en 24 mois.
Prévention des risques professionnels salarié SST
L’évaluation : pas d’examen écrit, une mise en situation
Le programme de formation se clôt par la validation d’un QCM. Le formateur observe les gestes de chaque stagiaire tout au long des 14 heures, puis organise une mise en situation finale à la fin du jour 2. Cet examen permet de vérifier si le professionnel a acquis les connaissances et les gestes nécessaires quant aux quant aux gestes de premiers secours, à la mise en œuvre des actions de prévention, à la capacité d’alerter et d’intervenir efficacement face à des situations d’urgence, ainsi qu’à l’application des procédures spécifiques à son entreprise et aux besoins particuliers des personnes qu’il pourrait secourir.
Le principe : un accident du travail fictif est simulé dans l’environnement/lieu professionnel du stagiaire. Victime au sol, risques persistants, sans indication préalable du type de situation. Le stagiaire doit enchaîner seul les 4 étapes (protéger, alerter, examiner, secourir) avec le bon geste.
Le formateur évalue 3 choses :
- La sécurité : le stagiaire ne met en danger ni la victime, ni les témoins, ni lui-même
- L’efficacité technique : profondeur des compressions, position du garrot, maintien de la PLS
- La réactivité : l’alerte des secours est déclenchée dans les 2 minutes suivant la découverte de la victime
Si un geste n’est pas validé, le formateur corrige immédiatement et propose une deuxième mise en situation sur le même type d’urgence. Le certificat est délivré à l’issue de la session, avec une date d’expiration à 24 mois. Celui-ci atteste que la personne ayant suivi le programme de formation SST est capable en cas d’urgence de secourir une victime en situation de de danger immédiat, de mettre en œuvre les gestes de premiers secours et d’alerter les secours de manière appropriée.
Comment la pédagogie est structurée
Pour chaque situation d’urgence, la formation suit le même schéma en 6 temps :
| Étape | Format | Durée |
| 1. Découverte | Vidéo INRS ou démonstration | 5 à 10 min |
| 2. Analyse collective | Discussion guidée en groupe | 10 min |
| 3. Démonstration | Geste complet par le formateur | 5 à 10 min |
| 4. Entraînement individuel | Chaque stagiaire reproduit le geste | 15 à 20 min |
| 5. Correction | Retour du formateur en temps réel | Continu |
| 6. Mise en situation | Scénario complet intégrant le geste | 10 à 15 min |
Résultat : chaque stagiaire pratique chaque geste au minimum 2 fois avant l’évaluation finale. Le format 4 à 10 participants permet au formateur de garder un œil sur tout le monde pendant les entraînements.
Le recyclage MAC : 7 heures après 24 mois
La session MAC (Maintien et Actualisation des Compétences), souvent appelée « recyclage SST », dure 7 heures sur 1 journée. Ce n’est pas une version condensée des 14 heures initiales. Le contenu intègre ce qui a changé depuis la dernière certification.
Quatre points sont systématiquement révisés :
- Les évolutions des protocoles INRS : nouvelles recommandations RCP, nouvelles générations de DAE, modifications de la séquence d’alerte
- La reprise des gestes sur mannequin. Après 24 mois sans pratique, les dérives techniques sont fréquentes : compressions trop superficielles, garrot mal positionné, PLS approximative. Le formateur corrige.
- L’actualisation de la prévention : nouveaux risques identifiés dans le secteur, modifications du document unique
- Le retour d’expérience. Les SST qui ont dû intervenir sur un vrai accident partagent ce qui s’est passé, ce qui a marché, ce qui les a surpris. C’est souvent le moment le plus formateur de la journée.
Si la MAC n’est pas faite avant l’expiration des 24 mois, le certificat est perdu. Pas d’allègement possible : il faut repasser les 14 heures initiales.
Questions fréquentes
Peut-on étaler les 14 heures sur plus de 2 jours ? Oui. Certains organismes proposent des sessions modulaires (3 demi-journées par exemple), à condition que l’intervalle entre les séances reste court pour ne pas casser la continuité. Les 5 modules doivent être couverts en intégralité et dans l’ordre réglementaire.
Un stagiaire absent une demi-journée peut-il valider ? Non. La présence est obligatoire sur la totalité des 14 heures. Une absence, même partielle, empêche la délivrance du certificat. Le stagiaire devra reprendre la formation complète lors d’une prochaine session afin d’e pouvoir obtenir sa certification.
Le certificat est-il le même en intra et en inter-entreprises ? Oui, exactement le même. La reconnaissance nationale du certificat ne dépend pas du format d’organisation.
La formation se déroule-t-elle différemment dans le BTP ? La structure des 14 heures et les 5 modules restent identiques quel que soit le secteur. Ce qui change, ce sont les conditions et le contenu du module 5 (prévention) : en BTP, les cas pratiques portent sur les chutes de hauteur, les engins de chantier, les expositions chimiques et la manutention lourde. Les stagiaires apprennent à utiliser correctement les techniques adaptées à ces situations pour devenir des SST efficaces et sécurisés.
Que se passe-t-il si le formateur est absent le jour de la session ? L’organisme de formation doit fournir un remplaçant habilité ou reprogrammer la session. Aucun salarié non habilité ne peut assurer la formation, même partiellement. Cela fait partie des obligations légales que le centre de formation est tenu de respecter.
La formation SST est-elle accessible à tous les niveaux et quelle est la validité du certificat ?
Oui, la formation SST est accessible à toute personne, quel que soit son niveau initial. Le certificat délivré à l’issue de la session est valable 24 mois. Au terme de cette période, le suivi d’une formation de recyclage est obligatoire afin de maintenir à jour les gestes de secourisme et les actions de prévention.
Article rédigé par l’équipe pédagogique du CNFSE — Centre National de Formation à la Sécurité en Entreprise. Dernière mise à jour : 2026



