Aller au contenu

Certificat SST valable 24 mois · Sessions mensuelles à Paris et Lyon

Secourir une victime inconsciente qui ne respire pas
gestes-secours7 min de lecture21 octobre 2022Par Hamza BENAKLI, Formateur SST principal, habilité INRSMis à jour le 25 juin 2026

Secourir une victime inconsciente qui ne respire pas

Comment secourir une victime inconsciente qui ne respire pas ? Quelles procédures suivre pour sauver une personne qui a perdu connaissance ?

Secourir une victime inconsciente qui ne respire pas

Comment secourir une victime inconsciente qui ne respire pas ? Quelles procédures suivre pour sauver une personne qui a perdu connaissance ?

La perte de conscience d’une victime doublée à l’absence de respiration est la situation la plus dramatique à laquelle puisse être confronté un Sauveteur Secouriste du Travail (SST). Elle exige sang-froid et réaction immédiate. Le secouriste a une priorité : maintenir la personne en vie en assurant une respiration et une circulation artificielles. Face à un tel enjeu, un SST peut, comme tout un chacun, angoisser. C’est pourquoi les gestes sont répétés de nombreuses fois lors des formations Sauvetage Secourisme du Travail afin de pouvoir être pratiqués spontanément et automatiquement. Les défibrillateurs automatisés externes (DAE) disponibles dans tous les espaces publics et les entreprises sont également une aide précieuse.

La conduite générale à tenir face à une victime en arrêt cardio-respiratoire

La conduite à tenir face à une victime en arrêt cardio-respiratoire va dépendre de plusieurs facteurs : la présence ou non d’autres personnes, voire d’un second SST, sur le lieu de l’accident, et la proximité d’un défibrillateur automatisé externe (DAE).

Réanimation cardio-pulmonaire ou DAE ?

Dans tous les cas, le SST doit prévenir immédiatement les secours. S’il est seul, il appuie sur la touche haut-parleur de son portable afin de commencer immédiatement la réanimation cardio-pulmonaire (RCP). Cette technique consiste à alterner sans interruption 30 compressions thoraciques et 2 insufflations. Chez l’enfant et le nourrisson, le rythme est de 15 compressions et 2 insufflations, précédées par 5 insufflations initiales.

En l’absence d’un DAE, ces cycles sont répétés jusqu’à l’arrivée des secours. Si un second SST est présent, l’un pratique les compressions pendant que l’autre effectue les insufflations. Afin que les deux SST puissent tenir la cadence, les rôles peuvent être échangés régulièrement.

L’idéal est de pouvoir disposer d’un DAE à proximité. Si le SST est seul, il doit pouvoir s’en saisir sans quitter la victime plus de 10 secondes, afin d’interrompre le moins possible les compressions thoraciques. Des indications vocales guident le SST pour bien utiliser le DAE.

Bon à savoir : dans les zones ATEX (atmosphère explosive) des entreprises, il est impossible d’utiliser un DAE. Selon les consignes de l’entreprise en matière de secours, le SST peut être amené à déplacer la victime dans une zone hors ATEX.

Les signes d’une reprise respiratoire et cardiaque

Si la respiration et le rythme cardiaque reprennent, la victime est placée en position latérale de sécurité (PLS) en attendant l’arrivée des secours. Le SST surveille en continu le maintien de l’activité respiratoire et cardiaque et reprend la réanimation en cas de nouvel arrêt cardio-respiratoire.

Comment pratiquer les compressions thoraciques ?

Les compressions thoraciques sont de fortes poussées exercées sur le thorax de la victime. La technique varie en fonction de son âge.

Les compressions thoraciques chez l’adulte et l’enfant de plus de 8 ans

Le SST allonge la personne en arrêt cardio-respiratoire sur le dos, si possible sur un plan dur. Agenouillé près de la victime, il place le talon d’une de ses mains au centre, sur la moitié inférieure du sternum. Son autre main se place au-dessus de la première, les doigts entrecroisés.

Une compression correspond à une poussée verticale de 5 cm, réalisée bras tendus. Après chaque compression, la pression est relâchée jusqu’à ce que le thorax reprenne sa position initiale. Pour permettre une circulation efficace, le rythme est rapide, entre 100 à 120 compressions par minute.

Les compressions thoraciques chez le nourrisson et l’enfant de 1 à 8 ans

Chez l’enfant de 1 à 8 ans, la technique est similaire. Seul le positionnement des mains change. Le talon de la main est positionné un doigt au-dessus du bas du sternum. Les doigts sont relevés et la compression thoracique est pratiquée avec une seule main. Néanmoins, si l’enfant est grand ou si le SST n’a pas assez de force, il peut utiliser ses deux mains pour améliorer l’efficacité des compressions.

Chez le bébé, les compressions sont pratiquées avec deux doigts. La pulpe des doigts est positionnée un doigt au-dessus du bas du sternum. La poussée verticale est d’environ 4 cm.

Quel que soit l’âge de l’enfant, le rythme des cycles reste soutenu, avec toujours 100 à 120 compressions par minute.

Comment bien insuffler de l’air dans les poumons ?

Les insufflations servent à envoyer de l’air dans les poumons. Elles sont pratiquées de la même manière chez l’adulte et l’enfant à partir de 1 an. Si le SST possède un dispositif buccal de protection individuelle, il doit l’utiliser.

Des vomissements, crachats de sang ou un traumatisme facial peuvent empêcher de réaliser les insufflations. Dans ces cas, le SST pratique seulement les compressions thoraciques.

Le bouche-à-bouche chez l’adulte et l’enfant à partir de 1 an

Pour que les insufflations soient efficaces, la tête de la victime doit être basculée en arrière, le menton levé. Le SST s’assure avant qu’il n’y a pas de corps étranger et si nécessaire, le retire.

Paume de main sur le front de la victime, le SST bouche les deux narines avec ses doigts. Après avoir inspiré, il plaque sa bouche autour de celle de la victime et souffle progressivement pendant une seconde jusqu’à ce que la poitrine se soulève. Il répète l’opération une fois, avant de reprendre le massage cardiaque.

Le bouche-à-bouche et nez chez le nourrisson

Chez le nourrisson, la tête doit être placée en position neutre. La bouche du SST englobe à la fois la bouche et le nez du bébé. L’insufflation est réalisée de la même manière que pour l’adulte et l’enfant.

Comment utiliser un défibrillateur automatisé externe ?

Le défibrillateur automatisé externe (DAE) permet d’appliquer un choc électrique capable de relancer l’activité cardiaque. Il est recommandé d’allonger la victime sur une surface sèche et non métallique. L’humidité et le métal réduisent l’efficacité des chocs. En cas d’impossibilité de déplacer la personne, un tissu peut être glissé sous elle.

L’utilisation du DAE est guidée par des indications vocales et visuelles. Avant de placer les électrodes sur le thorax de la victime, celui-ci doit être séché et rasé. Le DAE est fourni avec des ciseaux pour couper les vêtements et un rasoir jetable.

Après avoir retiré la pellicule de protection, les électrodes sont collées fermement sur le corps. Pour un adulte et un enfant, elles sont placées à deux endroits précis de la poitrine indiqués sur les électrodes ou leur emballage. Le SST vérifie que la victime n’a pas une cicatrice et un boîtier sous la peau, signes de la présence d’un stimulateur cardiaque. Si tel est le cas, il décale l’électrode 8 cm plus bas. Pour le nourrisson, la première électrode est positionnée dans le dos entre les omoplates et la seconde est collée devant, au milieu du thorax. Il existe des DAE pédiatriques mais, si le SST n’en dispose pas, il peut utiliser un DAE pour adultes.

Une fois les électrodes en place, le SST vérifie si leur câble est bien connecté au défibrillateur. Il peut ensuite lancer l’analyse de l’activité électrique du cœur. Le SST ne doit pas toucher la personne pour ne pas fausser les résultats. C’est le DAE qui indique si un choc est nécessaire ou pas. En cas de choc, toutes les personnes présentes, SST inclus, s’éloignent. Le choc est déclenché automatiquement ou par appui manuel sur le bouton dédié. Après le choc, le SST reprend la réanimation cardio-pulmonaire, en suivant les instructions du défibrillateur. À tout moment, le DAE peut demander de stopper la réanimation pour réaliser une nouvelle analyse et procéder à un nouveau choc.

Le DAE ne doit jamais être arrêté ni les électrodes décollées. Les secours s’en chargeront.

Quelle que soit la technique utilisée pour réanimer la victime, elle doit être poursuivie jusqu’à la reprise de l’activité respiratoire et cardiaque. Le SST doit continuer la réanimation cardio-pulmonaire jusqu’à l’arrivée des secours, même si elle s’avère inefficace. Les secours prendront le relais et décideront de la suite à donner à la prise en charge.

Pratiquer une réanimation cardio-respiratoire avec l’aide, ou non, d’un défibrillateur automatisé externe, est un geste fort qui peut sauver une vie.

En synthèse

RCP 30 compressions / 2 insufflations à reprendre sans interruption, DAE dès qu’il arrive, alerte 15 en haut-parleur si seul avec la victime. Chez l’enfant et le nourrisson, le cycle devient 5 insufflations initiales puis 15 compressions / 2 insufflations.

Foire aux questions

Questions fréquentes sur cet article

Combien de compressions par minute pour un massage cardiaque ?
Le rythme recommandé par l'INRS et l'European Resuscitation Council est de 100 à 120 compressions par minute, soit environ 2 compressions par seconde. Mémo simple : le rythme du tube « Stayin' Alive » des Bee Gees correspond exactement à ce tempo.
Quand utiliser un défibrillateur (DAE) ?
Dès qu'un DAE est disponible et que la victime est inconsciente, en arrêt cardio-respiratoire, allumez-le et suivez ses instructions vocales. Le DAE analyse seul le rythme cardiaque et décide d'envoyer ou non un choc. Vous ne pouvez pas vous tromper : si la victime ne nécessite pas de choc, l'appareil ne le déclenche pas.
Faut-il être formé SST pour pratiquer ces gestes en entreprise ?
Oui, idéalement. Le certificat Sauveteur Secouriste du Travail (SST) garantit que vous savez quand, pourquoi et comment intervenir sans aggraver l'état de la victime. En cas d'incident dans une entreprise, l'employeur est légalement tenu d'avoir formé des salariés aux premiers secours (article R4224-15 du Code du travail). Toute personne peut tenter de porter secours, mais un SST formé apporte des gestes adaptés et structurés.
Quel est le numéro à appeler en urgence ?
Le 15 (SAMU) pour les urgences médicales, le 18 (Pompiers) pour les secours et incendies, le 112 (numéro européen) accessible depuis tout téléphone mobile même bloqué. En entreprise, vous pouvez aussi alerter votre service de santé au travail. Précisez : qui appelle, où vous êtes (entreprise + adresse précise + étage), ce qui s'est passé, état de la victime.
Combien de temps le geste doit-il être maintenu en attendant les secours ?
Jusqu'à l'arrivée des secours professionnels. En France, le délai d'intervention du SAMU varie de 8 à 15 minutes en zone urbaine, jusqu'à 30 minutes en zone rurale. Chaque minute compte : pour un arrêt cardio-respiratoire par exemple, les chances de survie diminuent de 10 % par minute sans massage. Ne lâchez pas tant qu'un secouriste professionnel ne vous a pas explicitement relayé.
Et si je me trompe en faisant le geste ?
La règle fondamentale du SST est : faire quelque chose vaut mieux que ne rien faire. La loi française protège le secouriste de bonne foi (article 122-7 du Code pénal, état de nécessité). Vous ne pouvez pas être poursuivi pour avoir tenté de porter secours, même si le geste n'était pas optimal. À l'inverse, la non-assistance à personne en danger est punie par la loi (article 223-6).
Où apprendre concrètement ces gestes en présentiel ?
Le CNFSE organise des formations SST initiales (14 h sur 2 jours) à Paris et Lyon, en inter-entreprise mensuelle, ou en intra-entreprise sur votre site partout en France. Le geste s'apprend par la pratique supervisée — pas seulement par la lecture. Consultez nos prochaines sessions ou demandez un devis sur mesure.
Tags :Premiers secoursGeste de secoursSSTRCP

Prêt à former vos salariés ?

Initiale en 2 jours, MAC (recyclage) en 1 jour. Le certificat INRS tient 24 mois. Sessions inter à Paris et Lyon, ou intra chez vous partout en France. Habilités Qualiopi, prise en charge OPCO 100 %.

AppelerWhatsAppContact