> SST, S&ST, SPST : trois sigles à ne pas confondre
> - SST : sauveteur secouriste du travail, le sujet de cette page.
> - S&ST ou SST : santé et sécurité au travail, le domaine au sens large.
> - SST, pour « service de santé au travail » : l'ancien nom du service qui assure le suivi médical des salariés. Il s'appelle service de prévention et de santé au travail (SPST) depuis le 31 mars 2022 (loi n° 2021-1018 du 2 août 2021).
Les deux missions du SST : secourir et prévenir
Le document de référence de l'INRS définit le SST par deux domaines de compétences.
Intervenir face à une situation d'accident du travail. C'est la mission la plus connue. Le SST réagit en quelques secondes, fait le bon geste et fait venir les secours. Il ne soigne pas : le Code du travail précise que les salariés formés au secourisme « ne peuvent remplacer les infirmiers ». Son rôle s'arrête quand les secours spécialisés prennent le relais.
Contribuer à la prévention des risques professionnels dans l'entreprise. C'est ce qui distingue le SST d'un secouriste « citoyen ». Il repère les situations dangereuses de son poste, les signale à sa hiérarchie, à la personne chargée de la prévention ou au CSE, et peut participer à la mise à jour du document unique d'évaluation des risques professionnels (DUERP).
Les quatre actions du SST
Face à un accident, le SST suit la même conduite, que le guide des données techniques de l'INRS résume en quatre actions : protéger, examiner, faire alerter ou alerter, secourir. Le guide précise que l'ordre et les actions peuvent changer selon la nature de l'accident, le nombre de victimes et le nombre de personnes présentes. Une règle, elle, ne change jamais : protéger vient toujours en premier.
1. Protéger
Le SST analyse la situation avant d'approcher. Que s'est-il passé ? Reste-t-il un danger : mécanique, électrique, thermique, atmosphère toxique ou irrespirable ? Puis il agit, sans jamais s'exposer lui-même. Il supprime le danger si c'est possible, par exemple en coupant le courant. Sinon, il l'isole. Il ne déplace la victime qu'en dernier recours. Le dégagement d'urgence est, selon l'INRS, une manœuvre exceptionnelle, réservée à un danger réel, immédiat, impossible à contrôler et qui menace la vie de la victime.
2. Examiner
Le SST cherche une urgence vitale, dans un ordre fixé par l'INRS :
- La victime saigne-t-elle abondamment ?
- S'étouffe-t-elle ?
- Répond-elle ?
- Respire-t-elle ?
S'il n'y a pas d'urgence vitale, il questionne la victime : elle peut se plaindre d'un malaise, de brûlures, d'une douleur qui l'empêche de bouger ou d'une plaie. Ce qu'il constate décide du geste à faire et de ce qu'il dira aux secours.
3. Faire alerter ou alerter
Le SST fait alerter par la personne la plus apte à le faire, un témoin par exemple, ou alerte lui-même :
- dans l'entreprise, les secours prévus par l'organisation des secours ;
- hors de l'entreprise, le 15 (SAMU), le 18 (sapeurs-pompiers), le 112 (numéro d'urgence européen), ou le 114 par SMS, fax, visio ou tchat pour les personnes sourdes ou malentendantes.
Le message contient l'identité et le numéro de l'appelant, le lieu exact (adresse, atelier, étage), ce qui s'est passé, le nombre de victimes, leur état et les gestes déjà faits. On répond aux questions et on ne raccroche jamais le premier. Le SST envoie aussi quelqu'un accueillir les secours, pour les guider jusqu'à la victime.
4. Secourir
Le SST fait le geste adapté et le maintient jusqu'à l'arrivée des secours. Le programme de l'INRS couvre huit situations :
- la victime saigne abondamment ;
- la victime s'étouffe ;
- la victime se plaint d'un malaise ;
- la victime se plaint de brûlures ;
- la victime se plaint d'une douleur empêchant certains mouvements ;
- la victime se plaint d'une plaie qui ne saigne pas abondamment ;
- la victime ne répond pas mais elle respire, position latérale de sécurité ;
- la victime ne répond pas et ne respire pas, massage cardiaque et défibrillateur.
Chaque situation a sa fiche, avec la conduite à tenir de l'INRS pas à pas. L'enchaînement complet est résumé dans le plan d'intervention, un logigramme de l'INRS que chaque SST apprend en formation (ce que c'est, et ce qu'il ne faut pas confondre avec).
Le certificat SST
À la fin de sa formation, le SST reçoit un certificat de sauveteur secouriste du travail, au modèle national. On parle souvent de « brevet » ou de « diplôme » SST : le nom officiel est certificat (brevet ou certificat : la différence expliquée).
Pour l'obtenir, il faut avoir suivi la totalité des 14 heures et réussi deux épreuves certificatives en fin de formation. Il n'y a pas d'examen écrit. Selon le document de référence de l'INRS, la première épreuve est une situation d'accident du travail simulée, « suivie, le cas échéant, d'une analyse avec le formateur ». La seconde est un échange avec le formateur, en groupe ou en individuel, sur « la connaissance du cadre réglementaire de l'activité SST » et les « compétences en matière de prévention ».
Le certificat vaut 24 mois. Pour rester SST, il faut suivre un recyclage MAC de 7 heures avant la date de fin. Tant qu'il est à jour, il vaut aussi équivalence PSC1 (PSC1 ou SST : les différences).
Qui peut devenir SST ?
Le document de référence de l'INRS est clair : « aucun prérequis n'est exigé » pour la formation initiale. Pas de diplôme, pas de connaissance médicale. Dans les faits, on devient SST par trois voies.
- Salarié. C'est le cas le plus courant : l'employeur désigne des salariés, en général volontaires, et les fait former sur le temps de travail, dans un organisme habilité ou dans les locaux de l'entreprise.
- Élève ou apprenti. La formation SST est inscrite dans les programmes et les référentiels de diplômes professionnels (CAP, bac pro, BTS), et les apprentis des CFA la suivent aussi. Le SST formé pendant sa scolarité a les mêmes compétences que celui formé en entreprise. Devenu salarié, il fait son recyclage avec son employeur.
- À titre individuel. Un demandeur d'emploi ou un particulier peut aussi s'inscrire à une session inter-entreprises, par exemple avant une prise de poste.
Dans tous les cas, la formation dure 14 heures en présentiel, en groupe de 4 à 10 personnes. Il n'existe pas de formation SST à distance. Le document de référence de l'INRS impose le présentiel : 14 heures pour la formation initiale, 7 heures pour le recyclage. Le « Cahier des charges relatif à l'habilitation – Dispositions spécifiques du dispositif Sauvetage Secourisme du Travail (SST) », version 6 de mars 2026 ne change rien à ce point.
Une précision pour ceux qui ont suivi une autre formation : les titulaires du certificat APS (acteur prévention secours) sont réputés détenir le certificat SST, d'après le document de référence de l'INRS.
Ce que la mission change pour le salarié (prime, temps de formation, responsabilité) est détaillé sur notre page consacrée au salarié SST.
Le SST dans l'organisation des secours de l'entreprise
Former des SST ne suffit pas. L'employeur doit les désigner dans son plan d'organisation des secours, que tous les salariés connaissent, et organiser l'alerte et le matériel avec le médecin du travail. Le Code du travail impose un salarié formé au secourisme dans certains cas, sans fixer de nombre général : le détail des textes, des obligations et du calcul du nombre de SST est sur notre page réglementation.
Les documents officiels du dispositif SST
Tout le dispositif repose sur quelques documents de l'INRS, que peu de pages citent :
- le document de référence du dispositif SST (version 8, janvier 2021) : durées, effectifs, compétences, certification, habilitation des organismes ;
- le guide des données techniques et conduites à tenir (version 5, janvier 2024) : la conduite à tenir, geste par geste, pour les huit situations ;
- le cahier des charges relatif à l'habilitation, « Dispositions spécifiques du dispositif Sauvetage Secourisme du Travail (SST) » (version 6, mars 2026) : ce que doit fournir et respecter un organisme pour être habilité à former des SST ;
- l'aide-mémoire « Sauvetage secourisme du travail » (ED 4085), remis à chaque stagiaire à la fin de sa formation.
C'est ce qu'on appelle le « référentiel SST ». Quand une page vous donne une consigne de secours, vérifiez qu'elle correspond à la version en vigueur du guide. Plusieurs sites citent encore des consignes antérieures à 2024.
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Questions fréquentes
Que veut dire SST ?
<p>Sauveteur secouriste du travail : un salarié formé pour secourir un collègue victime d'un accident ou d'un malaise, et pour contribuer à la prévention. Le sigle désigne aussi, selon le contexte, la santé et sécurité au travail, ou l'ancien service de santé au travail, devenu SPST en 2022.</p>
Quels sont les « 4 codes » du SST ?
<p>Ce sont ses quatre actions : protéger, examiner, faire alerter ou alerter, secourir. Protéger vient toujours en premier.</p>
Le SST est-il un diplôme ?
<p>Non, c'est un certificat, délivré par un organisme habilité après une formation de 14 heures et deux épreuves certificatives. Il vaut 24 mois et se renouvelle par un recyclage.</p>
Combien de temps le SST est-il valable ?
<p>24 mois. Il se prolonge par un recyclage de 7 heures avant la date de fin : <a href="/recyclage-sst">tout sur la validité et le recyclage</a>.</p>
Quand le SST est-il obligatoire ?
<p>Le Code du travail impose un salarié formé au secourisme dans les ateliers à travaux dangereux et sur certains chantiers. Le détail est sur <a href="/reglementation-formation-sst">notre page réglementation</a>.</p>
