Qu'est-ce que le SST exactement ?
Le Sauveteur Secouriste du Travail (SST) est un salarié volontaire, formé et certifié par un organisme habilité par l'INRS, capable d'intervenir efficacement en cas d'accident sur son lieu de travail. Au-delà du secours d'urgence, son rôle inclut une mission permanente de prévention des risques professionnels au sein de son entreprise. Pour la définition formelle et complète, voir notre page Qu'est-ce que le SST ?.
La formation SST suit le référentiel pédagogique de l'Institut National de Recherche et de Sécurité (INRS), actuellement en version V8, applicable depuis 2018. Elle est délivrée exclusivement par des organismes habilités et des formateurs certifiés INRS. Cela assure la reconnaissance nationale du certificat.
Le SST poursuit trois objectifs simultanés : protéger les personnes en cas de danger immédiat, secourir les victimes d'accidents du travail, et prévenir les situations dangereuses par sa vigilance quotidienne et sa remontée d'informations vers la hiérarchie ou les instances dédiées (CSE, médecine du travail, référent sécurité).
un SST formé saura intervenir sur les situations courantes en entreprise : malaise, brûlure, hémorragie, traumatisme, perte de connaissance, arrêt cardio-respiratoire (avec utilisation du défibrillateur automatisé externe, ou DAE). Il connaît également la conduite à tenir en cas d'intoxication, de choc électrique, ou d'accident grave en attendant l'arrivée des secours organisés.
Le cadre réglementaire du SST
L'article R4224-15 du Code du travail
L'obligation de premiers secours en entreprise repose sur l'article R4224-15 du Code du travail, qui impose la formation d'un membre du personnel pour donner les premiers secours dans tout atelier ou chantier où des travaux dangereux sont effectués. La jurisprudence a étendu cette obligation à tous les secteurs, avec un ratio recommandé d'1 SST pour 10 à 15 salariés.
Texte complet de l'article, sanctions (L4741-1), ratios par secteur et jurisprudence : voir la page Réglementation.
Le référentiel INRS V8
Le contenu pédagogique de la formation SST est codifié par l'INRS depuis 2018 dans son référentiel V8. Ce document définit le programme exact (14 heures, 50 % de pratique), les modalités d'évaluation continue, les supports utilisés (mannequins adulte/enfant/nourrisson, DAE, situations simulées), et les conditions d'habilitation des formateurs.
Seuls les organismes habilités par l'INRS, comme le CNFSE, peuvent délivrer le certificat SST officiel. Cette habilitation est renouvelée périodiquement après audit du fonctionnement pédagogique et administratif.
Les évolutions récentes
Depuis 2020, la responsabilité de l'employeur s'est durcie : plusieurs arrêts de la Chambre sociale de la Cour de cassation ont confirmé que l'absence de SST dans une entreprise, quelle que soit sa taille, pouvait être qualifiée de faute inexcusable en cas d'accident grave. L'Inspection du travail et les CARSAT contrôlent désormais systématiquement la présence de SST formés lors des visites de conformité.
Qui est concerné par l'obligation SST ?
Toutes les entreprises sont concernées, quelle que soit leur taille ou leur secteur d'activité, dès lors qu'elles emploient des salariés. Les profils et secteurs typiques pour lesquels la présence d'un SST est fortement recommandée ou explicitement obligatoire :
- Industrie et production, risques mécaniques, chimiques, thermiques
- BTP et chantiers, chutes, écrasements, électrocution
- Logistique et entreposage, chariots, manutention, hauteur
- Bureau et tertiaire, malaises, AVC, accidents domestiques
- Hôtellerie / restauration / commerce, brûlures, coupures, étouffements
- Crèches, écoles et accueil collectif d'enfants
- Services à la personne, EHPAD, structures médico-sociales
- Sport et loisirs, collectivités, fédérations
Certains secteurs imposent un nombre minimum de SST formés par effectif (BTP : 1 SST par tranche de 20 personnes sur chantier ; industries à risque : 1 SST pour 10 salariés). Le ratio général recommandé est de 1 SST pour 10 à 15 salariés, en assurant une présence permanente. Détail : obligations de l'employeur.
Les missions du SST : P · E · A · S
L'INRS résume l'action du SST en quatre étapes, Protéger, Examiner, Alerter, Secourir — appliqués dans cet ordre précis face à toute situation d'accident.
Protéger
Avant toute intervention, le SST doit identifier les dangers persistants susceptibles d'aggraver la situation ou de créer de nouvelles victimes. Il met en sécurité lui-même, les témoins et la victime sans s'exposer. Cette étape inclut la signalisation, le balisage, la coupure des énergies, ou la mise hors de portée d'un objet dangereux.
Examiner
Le SST évalue rapidement l'état de la victime selon un protocole standardisé : la victime saigne-t-elle abondamment ? S'étouffe-t-elle ? Est-elle consciente ? Respire-t-elle ? Cette évaluation conditionne directement la nature de l'alerte et des gestes à pratiquer.
Alerter ou faire alerter
En fonction de l'examen, le SST alerte les secours appropriés (15 SAMU, 18 pompiers, 112 numéro européen) ou demande à un témoin de le faire, pendant qu'il prend en charge la victime. Il transmet un message structuré : lieu précis, nature de l'accident, état de la victime, gestes en cours.
Secourir
Le SST réalise les gestes appropriés à la situation observée en attendant l'arrivée des secours organisés : compression de l'hémorragie, désobstruction des voies aériennes, position latérale de sécurité, ventilation artificielle, massage cardiaque externe avec ou sans défibrillateur. La maîtrise pratique de ces gestes est l'objectif principal de la formation initiale de 2 jours.
La formation SST : programme & déroulé
La formation initiale se déroule sur deux journées consécutives de 7 heures chacune (matin et après-midi). Elle alterne théorie (cadre légal, démarche PEAS, prévention) et pratique intensive sur mannequins. Au CNFSE, les groupes sont limités à 10 stagiaires maximum pour garantir la qualité des manipulations.
Le référentiel INRS impose un minimum de 50 % de temps de pratique. Chaque stagiaire manipule un mannequin adulte, enfant et nourrisson, utilise un défibrillateur d'entraînement (DAE), et joue des cas concrets sur situations simulées. La formation est rythmée par des feedbacks individuels du formateur INRS.
Il n'y a pas d'examen final couperet. L'évaluation est continue tout au long des deux journées : le formateur valide la capacité de chaque stagiaire à exécuter correctement les quatre missions (PEAS) sur des cas concrets de difficulté croissante. Le taux de certification au CNFSE dépasse 98 %. Détail : formation SST Initiale.
Comment obtenir le certificat SST
L'obtention du certificat SST suit un parcours simple en quatre étapes :
- S'inscrire à une session, sans prérequis. Toute personne salariée, volontaire et désignée par son employeur peut s'inscrire. Aucun diplôme ni connaissance médicale préalable n'est requis.
- Suivre les 2 jours de formation. En présentiel, sur le temps de travail (rémunération maintenue). À Paris, Lyon, ou en intra-entreprise sur votre site.
- Être évalué en continu par le formateur INRS. L'évaluation porte sur la maîtrise pratique des gestes et sur l'application de la démarche PEAS face à des situations simulées.
- Recevoir le certificat INRS officiel. Le certificat SST est délivré par le CNFSE, signé par le formateur habilité, et envoyé au stagiaire sous 15 jours. Reconnu nationalement, valable 24 mois.
Toutes les formations SST du CNFSE sont éligibles aux financements OPCO (OPCO EP, AKTO, AFDAS, ATLAS, Constructys), au plan de développement des compétences, et, pour certaines, au CPF. Devis personnalisé fourni sous 24 h.
Durée de validité et recyclage
Le certificat SST est valable 24 mois à compter de la date d'obtention. Au-delà, le salarié n'est plus considéré comme SST par l'INRS et l'employeur n'est plus en règle.
Pour maintenir la validité, chaque SST doit suivre une formation de Maintien et Actualisation des Compétences (MAC), appelée couramment « recyclage SST », d'une journée (7 heures), avant la date d'expiration. Cette session permet de réviser les gestes, mettre à jour les connaissances réglementaires, et partager les retours d'expérience.
Trois cas de figure pour le renouvellement :
- Certificat encore valide, MAC idéal dans les 2 mois précédant l'expiration. Prolonge la validité 24 mois supplémentaires.
- Certificat expiré depuis moins de 6 mois, MAC encore possible. Au-delà, la formation initiale (2 jours) est obligatoire.
- Certificat expiré depuis plus de 6 mois, formation SST Initiale à refaire intégralement.
Détail : page Recyclage SST.
Les sanctions employeur en cas d'absence de SST
En cas d'accident grave dans une entreprise dépourvue de SST formé, la responsabilité de l'employeur peut être engagée sur trois plans complémentaires.
Sur le plan civil, la faute inexcusable
L'absence de SST peut être qualifiée de faute inexcusable de l'employeur (Art. L4131-4 du Code du travail). Conséquences : majoration de la rente versée à la victime (jusqu'à 100 %), indemnisation des préjudices moraux, esthétiques, d'agrément et professionnels. Ces sommes sont avancées par la Sécurité sociale puis récupérées sur l'entreprise.
Sur le plan pénal, article L4741-1
Le manquement aux règles de santé et sécurité au travail est sanctionné par des amendes (jusqu'à 10 000 € par salarié concerné), voire des peines de prison en cas d'accident mortel (Art. 221-6, homicide involontaire). Le dirigeant peut être personnellement poursuivi, indépendamment de la responsabilité de la personne morale.
Sur le plan financier, cotisation AT/MP
Chaque accident du travail reconnu majore le taux de cotisation AT/MP de l'entreprise auprès de la CARSAT. Cette majoration peut atteindre plusieurs points pour les entreprises soumises au taux individuel ou mixte, soit des dizaines de milliers d'euros par an sur plusieurs exercices. Former des SST relève donc autant de la conformité légale que de la maîtrise des coûts.
SST et autres certifications de secourisme
Plusieurs formations au secourisme coexistent en France. Voici comment le SST se positionne par rapport aux autres certifications.
Le PSC1 (Prévention et Secours Civiques) est une formation grand public, accessible dès 10 ans, sans lien spécifique avec le milieu professionnel. Elle dure 7 heures et n'a pas de date de péremption. Le SST, lui, est centré sur le contexte de l'entreprise, inclut un volet prévention des risques professionnels, et impose un recyclage tous les 24 mois. Le SST est équivalent au PSC1 pour la plupart des concours administratifs.
Le PSE1 (Premiers Secours en Équipe) est une formation de niveau supérieur destinée aux équipiers secouristes des associations agréées (Croix-Rouge, Protection civile) et des services publics (SAMU, pompiers). Elle dure 35 heures. Elle n'est pas requise en entreprise classique.
Pour les crèches, écoles maternelles et structures d'accueil du jeune enfant, le CNFSE propose une formation complémentaire Secourisme bébé/nourrisson (½ journée), qui complète utilement le SST sur les gestes adaptés au tout-petit.
L'enjeu humain et économique des accidents du travail
Selon les dernières statistiques de l'Assurance Maladie — Risques professionnels[1], on recense en France environ 650 000 accidents du travail chaque année, dont près de 500 mortels. Les secteurs les plus exposés restent le BTP, les transports, la santé et l'industrie manufacturière.
Au-delà du coût humain incommensurable, chaque accident du travail représente un coût moyen pour l'entreprise estimé à 60 000 € tous coûts confondus[2] : indemnisations, cotisations AT/MP majorées, perte de production, remplacement, démarches juridiques. Les accidents graves dépassent souvent les 300 000 €.
La présence de SST formés permet de réduire la gravité des accidents par une intervention rapide et appropriée, division par trois du nombre de décès évitables selon plusieurs études INRS[3]. Au-delà du geste de secours, le rôle préventif du SST (remontée des situations dangereuses, participation à l'évaluation des risques) contribue à réduire la sinistralité globale.
Sources : [1] Assurance Maladie — Risques professionnels, Statistiques de sinistralité · [2] INRS — Calcul du coût d'un accident · [3] INRS — Référentiel SST
Investir dans la formation SST de ses salariés représente un coût modeste (240 € HT par stagiaire) au regard du retour sur investissement, tant humain que financier, pour l'entreprise.
Le SST est donc à la fois un impératif réglementaire, un outil de prévention et un levier de protection des salariés pour toute entreprise française.
