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Secourir une victime qui se plaint d’une douleur empêchant certains mouvements
gestes-secours4 min de lecture06 septembre 2022Par Hamza BENAKLI, Formateur SST principal, habilité INRSMis à jour le 25 juin 2026

Secourir une victime qui se plaint d’une douleur empêchant certains mouvements

Apprenez les gestes de premiers secours pour secourir une victime qui se plaint d’une douleur. Formation SST ouverte à tous les profils.

Secourir une victime qui se plaint d’une douleur empêchant certains mouvements

Apprenez les gestes de premiers secours pour secourir une victime qui se plaint d’une douleur. Formation SST ouverte à tous les profils.

Toute douleur doit alerter, surtout si elle empêche la victime de mobiliser certains membres de son corps. Elle peut dissimuler un traumatisme bénin ou grave. La douleur est cependant subjective et peut être plus ou moins ressentie selon les personnes. Son intensité peut donc être, ou non, un signe de gravité.

Pendant toute son intervention, le Sauveteur Secouriste du Travail (SST) doit agir comme s’il y avait un traumatisme, même s’il ne peut le confirmer. Selon la zone du corps dont se plaint la victime et les circonstances de l’accident, le SST doit adopter les gestes de premiers secours appropriés appris lors de sa formation Sauvetage Secourisme du Travail

La conduite générale à tenir en cas de douleur empêchant certains mouvements

L’objectif du SST est d’éviter l’aggravation du traumatisme supposé dans l’attente des secours. Après avoir protégé la zone et la victime, il procède à l’examen de cette dernière. Le traumatisme peut être visible, comme une fracture ouverte, ou invisible. Le SST doit alors orienter ses décisions en fonction des ressentis du blessé.

En cas de douleurs sans autre symptôme visuel, la priorité est claire. Il s’agit d’immobiliser la zone douloureuse. Le SST prévient ou fait prévenir les secours, suit leurs recommandations et surveille la victime en attendant sa prise en charge.

En cas de fracture déplacée du bras ou de la jambe, le secouriste ne doit surtout pas tenter de la replacer. Le SST est là pour intervenir en première intention et protéger la victime, mais il ne doit pas pratiquer de geste médical, sauf en cas d’urgence vitale.

En cas de fracture ouverte et d’hémorragie, le SST pratique les gestes appris en formation pour secourir une victime qui saigne abondamment.

Que faire quand le cou est touché ?

Le cou et la colonne vertébrale sont des zones extrêmement fragiles. Le moindre mouvement de trop pourrait entraîner une paralysie d’un ou plusieurs membres. Si une personne se plaint d’une douleur vive dans ces zones, bouge avec difficultés ou ressent une paralysie, le SST doit l’immobiliser totalement.

Le SST stabilise à deux mains le rachis cervical dans la position où il se trouve, le temps de l’arrivée des secours. Pour ce faire, il se positionne dans l’axe du corps dans une position stable, à genoux ou en trépied.

Une fois la victime immobilisée, le SST la surveille de près afin d’empêcher tout mouvement de la tête, même par réflexe. L’immobilité peut être source d’angoisse. Le SST ne doit jamais relâcher sa vigilance et continuer à rassurer le blessé jusqu’à l’arrivée des secours.

Comment réagir face à des douleurs liées à un choc sur la tête ?

Un salarié peut subir un choc sur la tête, soit par chute, soit par collision. Même si la victime de cet accident du travail dit aller bien, le SST ne doit pas s’éloigner immédiatement. Un coup sur la tête peut provoquer des lésions internes dont les symptômes ne sont visibles que plusieurs minutes après.

Le SST doit s’alerter en cas d’apparition des signes suivants : agitation ou au contraire attitude prostrée, vomissements, maux de tête, affaiblissement, engourdissement ou encore propos incohérents et désorientation. La victime peut avoir oublié les circonstances de l’accident du travail. Ces symptômes exigent la réalisation d’examens complémentaires pour vérifier un éventuel traumatisme cérébral.

En attendant les secours, le SST allonge la victime. Si elle perd connaissance mais continue à respirer, il la met en position latérale de sécurité (PLS). Il surveille de près la poursuite de l’activité respiratoire, prêt à pratiquer une réanimation cardio-pulmonaire (RCP) en cas d’arrêt cardiaque.

Immobilité et écoute sont le duo gagnant pour secourir une victime qui se plaint d’une douleur. Aucune souffrance ne doit être négligée ni minimisée. Le SST doit être attentif aux ressentis du blessé potentiel et adapter sa conduite, avec un unique objectif : empêcher tout mouvement dans l’attente de la prise en charge par les secours.

En synthèse

Considérer toute douleur empêchant un mouvement comme un traumatisme jusqu’à preuve du contraire : immobiliser la victime dans la position où elle se trouve, ne pas faire bouger le membre douloureux, alerter les secours. Toute manipulation peut aggraver une fracture ou une atteinte de la moelle épinière.

Foire aux questions

Questions fréquentes sur cet article

Faut-il être formé SST pour pratiquer ces gestes en entreprise ?
Oui, idéalement. Le certificat Sauveteur Secouriste du Travail (SST) garantit que vous savez quand, pourquoi et comment intervenir sans aggraver l'état de la victime. En cas d'incident dans une entreprise, l'employeur est légalement tenu d'avoir formé des salariés aux premiers secours (article R4224-15 du Code du travail). Toute personne peut tenter de porter secours, mais un SST formé apporte des gestes adaptés et structurés.
Quel est le numéro à appeler en urgence ?
Le 15 (SAMU) pour les urgences médicales, le 18 (Pompiers) pour les secours et incendies, le 112 (numéro européen) accessible depuis tout téléphone mobile même bloqué. En entreprise, vous pouvez aussi alerter votre service de santé au travail. Précisez : qui appelle, où vous êtes (entreprise + adresse précise + étage), ce qui s'est passé, état de la victime.
Combien de temps le geste doit-il être maintenu en attendant les secours ?
Jusqu'à l'arrivée des secours professionnels. En France, le délai d'intervention du SAMU varie de 8 à 15 minutes en zone urbaine, jusqu'à 30 minutes en zone rurale. Chaque minute compte : pour un arrêt cardio-respiratoire par exemple, les chances de survie diminuent de 10 % par minute sans massage. Ne lâchez pas tant qu'un secouriste professionnel ne vous a pas explicitement relayé.
Et si je me trompe en faisant le geste ?
La règle fondamentale du SST est : faire quelque chose vaut mieux que ne rien faire. La loi française protège le secouriste de bonne foi (article 122-7 du Code pénal, état de nécessité). Vous ne pouvez pas être poursuivi pour avoir tenté de porter secours, même si le geste n'était pas optimal. À l'inverse, la non-assistance à personne en danger est punie par la loi (article 223-6).
Où apprendre concrètement ces gestes en présentiel ?
Le CNFSE organise des formations SST initiales (14 h sur 2 jours) à Paris et Lyon, en inter-entreprise mensuelle, ou en intra-entreprise sur votre site partout en France. Le geste s'apprend par la pratique supervisée — pas seulement par la lecture. Consultez nos prochaines sessions ou demandez un devis sur mesure.
Tags :Premiers secoursGeste de secoursSSTTraumatisme

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