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Secourir une victime qui se plaint d’un malaise
gestes-secours5 min de lecture07 août 2022Par Hamza BENAKLI, Formateur SST principal, habilité INRSMis à jour le 25 juin 2026

Secourir une victime qui se plaint d’un malaise

Savoir secourir une victime qui se plaint d’un malaise est essentiel. Avec une formation SST découvrez les gestes de premiers secours.

Secourir une victime qui se plaint d’un malaise

Savoir secourir une victime qui se plaint d’un malaise est essentiel. Avec une formation SST découvrez les gestes de premiers secours.

Le malaise est l’une des raisons les plus fréquentes d’intervention du Sauveteur Secouriste du Travail (SST) en entreprise. La difficulté pour le SST est de comprendre son origine. Une indisposition passagère peut être le révélateur d’une cause bénigne, d’une pathologie grave ou d’une urgence vitale. Les conséquences peuvent être anodines comme dramatiques. L’observation de la victime est essentielle pour guider le SST dans ses décisions, en suivant les procédures explicitées en formation Sauvetage Secourisme du Travail. Voici la conduite à tenir en fonction de l’origine du malaise et de l’engagement, ou non, du pronostic vital de la victime.

Comprendre l’origine du malaise

Après avoir pris les mesures de protection obligatoires, le SST doit en priorité calmer et rassurer le salarié pour pouvoir le questionner et comprendre le type de malaise dont il est victime. L’examen, l’observation et le questionnement sont ses seuls moyens de choisir la bonne conduite à adopter.

Mettre la victime au repos

Pour protéger la victime d’un risque de chute, le SST l’allonge. Si elle présente des difficultés respiratoires, il la met en position semi-assise afin de faciliter l’inspiration et l’expiration. La personne peut aussi choisir spontanément une autre posture. L’important est qu’elle se sente confortable. Si elle est agitée ou angoissée, le SST l’isole au calme.

Questionner

Les réponses aux questions donnent aux secouristes des indices essentiels pour décider de la prise en charge de la victime. En premier lieu, le SST vérifie son état de conscience par des questions simples comme son prénom, son âge et la date du jour. Puis il interroge sur les symptômes ressentis, le type de douleur, la localisation de celle-ci, les éventuels antécédents et les traitements médicaux en cours.

Demander un avis médical

Le SST doit impérativement solliciter un avis médical, même si la victime s’y oppose. Selon le protocole mis en place dans l’entreprise, il contacte la médecine du travail ou, à défaut, le 15. Le secouriste applique ensuite les consignes qui lui sont données.

À noter : le salarié peut avoir une pathologie exigeant la prise d’un médicament en cas de malaise. Le SST peut lui administrer en respectant les doses prescrites. En cas de doute, il demande l’avis du médecin contacté.

Réagir si le pronostic vital est engagé

Le SST doit toujours rester vigilant et observer tout signe d’aggravation de l’état de santé de la victime.

Des symptômes soudains, isolés ou associés, et même très courts, doivent l’alerter. Deux situations représentent des urgences absolues engageant le pronostic vital : le malaise cardiaque et l’accident vasculaire-cérébral (AVC).

Le malaise cardiaque

Le principal symptôme du malaise cardiaque est la douleur soudaine ressentie par la victime à la poitrine. Cette douleur peut irradier dans les membres supérieurs. Elle peut aussi s’accompagner de sueurs abondantes, de sensations de froid ou de pâleur. La victime se plaint de serrement ou d’écrasement dans la poitrine.

L’accident vasculaire cérébral (AVC)

L’accident vasculaire cérébral se reconnaît par un ralentissement moteur et une paralysie partielle. Cela peut concerner la face, le bras ou la jambe, souvent d’un seul côté. Une faiblesse ou une paralysie d’un membre, une déformation du visage, une perte de vision, une difficulté de langage, une perte d’équilibre ou encore un mal de tête violent inhabituel sont des signes d’alerte.

La conduite à tenir en cas d’urgence vitale

Le malaise cardiaque ou l’AVC exigent une alerte immédiate des secours. En cas d’arrêt cardiaque, le SST procède à une réanimation cardio-pulmonaire (RCP), soit par compressions thoraciques, soit à l’aide d’un défibrillateur automatisé externe (DAE).

Agir face aux causes courantes de malaises

Le manque de sucre

L’hypoglycémie est une des causes fréquentes de malaise. Elle est provoquée par une baisse soudaine du taux de sucre dans le sang. La victime se plaint de faiblesse, de tremblements, de sueur, de palpitations cardiaques, de nausées et/ou encore de maux de tête.

Si la victime demande spontanément du sucre, le SST doit lui en donner. Le sucre en morceaux est idéal. À défaut, le secouriste peut proposer du sucre en dosettes souvent présent dans les entreprises, ou tout autre aliment sucré (jus de fruits, pâte de fruits, miel, confiture,…)

La chaleur

Une trop forte chaleur peut provoquer un malaise. Les salariés les plus exposés sont ceux travaillant près d’une source de chaleur ou effectuant des efforts intenses ou prolongés. La canicule accentue les risques.

Le SST doit rafraîchir la personne par tous les moyens :

  • L’emmener dans un endroit frais et aéré ou près d’un ventilateur.
  • Rafraîchir son corps en l’aspergeant d’eau fraîche, avec un brumisateur, ou en la tapotant avec du linge mouillé ou glacé.
  • Desserrer ses vêtements, voire la déshabiller.
  • Lui faire boire de l’eau fraîche en petites quantités.
  • Prendre sa température, si cela est possible.
  • Placer des sacs de glace recouverts d’un linge sous les aisselles, au niveau de l’aine ou du cou.

Le malaise vagal

Le malaise vagal est causé par une baisse soudaine de la tension artérielle. La victime se plaint d’étourdissements, souvent accompagnés de points noirs devant les yeux, de sueurs et parfois de nausées.

Quelques mouvements physiques permettent d’activer la circulation sanguine pour faire remonter la tension. Le SST doit demander à la victime soit :

  • de s’accroupir et de poser la tête entre les genoux.
  • de contracter les muscles de ses jambes et/ou de ses bras : elle peut par exemple tendre les jambes préalablement croisées et serrer les fesses et les abdominaux.

La victime est ensuite allongée, en position de repos.

Dans tous les cas, même en cas de malaises courants, le SST surveille d’éventuels signes de dégradation de l’état de santé jusqu’à complet rétablissement de la victime. Il peut lui conseiller de prendre rendez-vous avec son médecin traitant afin de procéder si besoin à des examens complémentaires.

En synthèse

Face à un malaise, le SST allonge la victime (ou la met en semi-assise si difficulté respiratoire), la questionne (conscience, douleur, antécédents, traitements), et sollicite toujours un avis médical — médecine du travail ou 15. Deux urgences vitales à reconnaître : la douleur thoracique du malaise cardiaque et les signes neurologiques de l’AVC.

Foire aux questions

Questions fréquentes sur cet article

Quels signes doivent alerter en cas de malaise ?
Pâleur, sueurs, douleur thoracique, paralysie d'un membre, déformation de la bouche, troubles de la parole, perte d'équilibre soudaine, perte de connaissance même brève. Tout malaise dont la cause est inconnue ou inhabituelle doit conduire à appeler le 15 (SAMU) pour avis médical.
Faut-il être formé SST pour pratiquer ces gestes en entreprise ?
Oui, idéalement. Le certificat Sauveteur Secouriste du Travail (SST) garantit que vous savez quand, pourquoi et comment intervenir sans aggraver l'état de la victime. En cas d'incident dans une entreprise, l'employeur est légalement tenu d'avoir formé des salariés aux premiers secours (article R4224-15 du Code du travail). Toute personne peut tenter de porter secours, mais un SST formé apporte des gestes adaptés et structurés.
Quel est le numéro à appeler en urgence ?
Le 15 (SAMU) pour les urgences médicales, le 18 (Pompiers) pour les secours et incendies, le 112 (numéro européen) accessible depuis tout téléphone mobile même bloqué. En entreprise, vous pouvez aussi alerter votre service de santé au travail. Précisez : qui appelle, où vous êtes (entreprise + adresse précise + étage), ce qui s'est passé, état de la victime.
Combien de temps le geste doit-il être maintenu en attendant les secours ?
Jusqu'à l'arrivée des secours professionnels. En France, le délai d'intervention du SAMU varie de 8 à 15 minutes en zone urbaine, jusqu'à 30 minutes en zone rurale. Chaque minute compte : pour un arrêt cardio-respiratoire par exemple, les chances de survie diminuent de 10 % par minute sans massage. Ne lâchez pas tant qu'un secouriste professionnel ne vous a pas explicitement relayé.
Et si je me trompe en faisant le geste ?
La règle fondamentale du SST est : faire quelque chose vaut mieux que ne rien faire. La loi française protège le secouriste de bonne foi (article 122-7 du Code pénal, état de nécessité). Vous ne pouvez pas être poursuivi pour avoir tenté de porter secours, même si le geste n'était pas optimal. À l'inverse, la non-assistance à personne en danger est punie par la loi (article 223-6).
Où apprendre concrètement ces gestes en présentiel ?
Le CNFSE organise des formations SST initiales (14 h sur 2 jours) à Paris et Lyon, en inter-entreprise mensuelle, ou en intra-entreprise sur votre site partout en France. Le geste s'apprend par la pratique supervisée — pas seulement par la lecture. Consultez nos prochaines sessions ou demandez un devis sur mesure.
Tags :Premiers secoursGeste de secoursSSTMalaise

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